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Lettres relatant de la protection des animaux

Les termites nous rappellent sans arrêt que notre hôpital est situé dans la forêt vierge. Tantôt on en découvre sur les rayons de la pharmacie, tantôt dans le matériel de pansement,tantôt dans les poutres des bâtiments, tantôt dans les planches entassées, tantôt dans les papiers du bureau. Quelle source d'ennuis constants! Surtout qu'on ne les découvre toujours que lorsque les dégâts occasionnés sont déjà importants. Il s'agit alors de tout enlever  afin de connaître l'endroit par lequel ils se sont introduits. Ces insectes nocifs nous contraignent à un travail considérable. A cause d'eux je suis obligé de transvaser dans des boîtes de fer blanc hermétiques tous les médicaments qui me parviennent dans des cartons. Les moyens actuels pour combattre les termites ne donnent guère de résultats convaincants. Récemment, nous avons eu recours au néocide (D.D.T.). Découvert à Strasbourg en 1872, cet insecticide tomba dans l'oubli; on s'en sert à nouveau depuis 1941.

(Lettre de Lambaréné, cahier n°13, mars 1946)

 

Puis, promenade en voiture. Le cocher frappait de toutes ses forces sur le cheval. Etonnement des autres - le directeur et deux critiques musicaux -, quand je les priai de lui donner l'ordre de cesser de maltraiter ainsi la pauvre bête, s'ils ne voulaient pas que je descende.

Dans les rues, on appelait à se rendre à la corrida... la grande corrida du roi et de la reine, et moi je devais le lendemain jouer de la musique spirituelle pour ce peuple de brutes! Toute cette misère dans le monde parce que les hommes manquent de "compassion"... Pour peu qu'on pense à ces choses, qu'on plonge son regard dans ce qui est", même un ciel bleu au-dessus des palmes devient une désolation.

 (Lettre du 25.10.1908, envoyée de Barcelone à Hélène Bresslau)

 

L'amitié pour les animaux a une signification profonde et c'est quelque chose de magnifique. Dans le calme de Lambaréné, cette sorte d'amitié se développe aisément. Ainsi en ce moment, trois hippopotames passent parfois la nuit près du rivage de l'hôpital, parce qu'ils savent que de nous ils n'ont rien à craindre.

(Lettre du 7.2.1965, à Hans Margolius, Miami)